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Karl
PRIBAM En cherchant une solution
à l'énigme complexe de la "mécanique"
cérébrale, Karl Pribam s'était
passionné pour les microchamps électriques que
généraient les influx nerveux au niveau des
synapses. Rendue possible grâce à l'invention
des microélectrodes, la découverte d'infimes
charges électriques au coeur des neurones, à
l'origine de ces micro-champs, ayant valut à
l'australien John Eccles le prix Nobel de physiologie en
1963. C'est l'année suivante que Pribam
s'enthousiasma pour pour l'holographie, invention de Denis
Gabor, dont le principe remonte à 1948. Ces deux
découvertes sont à la base de ses propres
recherches qui déboucheront sur une théorie
originale du fonctionnement du cerveau et,
parallèlement, de celui de notre
conscience. Pour Pribam, les
mécanismes cérébraux, la pensée
ou la mémoire par exemple, procédent davantage
d'un fonctionnement global du cerveau, holographique, que de
celui de multiples aires spécialisées
travaillant de façon plus ou moins autarciques. Ce
qui, soit dit en passant, et bien que l'existence d'aires
spécialisées ne soit pas contestée,
oblige à nuancer une nouvelle fois l'hypothèse
localiste de Penfield à laquelle se
réfèrent également nombre de
spécialistes des neurosciences. Pribam estime en
effet qu'attribuer des fonctions précises à
des aires cérébrales ne permet pas de rendre
compte de la complexité d'ensemble des processus
psychiques. Ceux-ci dépendraient essentiellement,
donc, d'une stimulation globale mettant en jeu des
mécanismes bioélectriques basés sus le
principe holographique. Le fait que des patients qui ont
subi d'importantes destructions d'aires
cérébrales -- le plus souvent d'origines
traumatiques -- récupèrent progressivement les
fonctions qui étaient initialement dévolues
à ces zones précises, semble un argument en
faveur de sa thèse. Puisqu'il existe au niveau
cérébral des microchamps électriques
qui génèrent des interférences, une
théorie holographique, justement basée sur le
principe des interférences, lui semblait tout
à fait adaptée à expliquer les
phénomènes de la conscience. Et de fait, la
réalité première, celle qui nous est
directement accessible par la vue ou par l'ouïe,
n'est-elle pas exclusivement composée de
fréquences électro-magnétiques? Une
telle évidence ne pouvait que conforter son
hypothèse d'un cerveau travaillant à la
façon d'un analyseur de fréquences. Et l'on se
rend compte que la théorie de Pribam -- de même
que celle de Bohm -- réhabilite en quelque sorte le
modèle, un peu moins "mécaniciste" il est
vrai, du filtre cérébral avancé par
Bergson en son temps... BIBLIOGRAPHIE
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